Soundfield

Esch-Triptyque

Carte postale sonore

Voici l'Humain !  (4 : 31)

ça va et toi ?  (3 : 32)

Panorama sous terre (4 : 19)

Autorisation SDRM: AG06/044

 

Booklet

Textes Eléonore Bak, Jean Villemin, Sophie Braganti 

Photographies Jürgen Wassmuth

Design graphique Holger Drees

Éditeur CIGL Esch

Distribution Schortgen Éditions 

Esch-sur-Alzette (LUX) 2006 

Envoyer une carte postale c'est partager un bout d’espace de voyage et envoyer une pensée à ceux qui ne sont pas venus avec nous.

 

Alors qu’une image fait rêver et les mots expriment nos sentiments, le paysage vivant reste absent.

L’espace n’est pourtant pas seulement à voir et à décrire. Le son transmet un vécu. Il permet de saisir un instant sensible, de nous projeter dans un univers physiquement présent. L'écoute nous plonge dans un milieu, permet de reconnaître et de surprendre par ce qu’on ne connaît pas encore.

Le répertoire du paysage sonore que je cherche à transmettre est d’ordre environnemental. Il est présenté sous forme d’une séquence de temps, enregistré et recomposé à la manière d’un croquis de voyage.

Loin de l’illustration, je m’intéresse à la matière, sons, bruits et paroles confondus. Une fois que la parole se met en retrait, nous y sommes déjà. Cet univers résonne d’autant mieux lorsqu'il raconte nos habitudes sonores.

Je rassemble des matériaux sans hiérarchie aucune pour produire un ressenti de ces zones et gestes sonores qui sont typiques pour tel et tel site. J’installe des passerelles entre les sons du travail et ceux de la vie, entre l’extérieur et l’intérieur, entre ce qui est et ce qui résonne encore dans la mémoire collective.

    Eléonore BAK, 2006

Le tissage serait un art pratiqué par les femmes, je cherche en vain la terminologie au féminin adaptée. Eléonore Bak est compagnon tisseur. Le son se travaillerait ainsi qu’on tisse. Eléonore Bak tisse. Il s’agit moins du film ethnographique que de la qualité du regard, mais il y a quelque chose du regard de Jean Rouch dans le travail d’Eléonore Bak. À l’instar de la carte postale visuelle, la création sonore prendra le lustre que donne le temps. Et ce présent fixé dans l’œuvre s’enfuit déjà. Les cris des enfants dans la cour de l’école sont des jalons dans nos souvenirs. Nous y fûmes, c’était nous. Nous y étions! Ainsi comprendra-t-on la carte postale sonore d’Eléonore Bak.

Jean VILLEMIN, 2006

Eléonore Bak Esch carte postale sonore crédit photographique Jürgen Wassmuth © 2006
Eléonore Bak Esch carte postale sonore crédit photographique Jürgen Wassmuth © 2006