Dessins d’écoute 1995 - 2016 

 

Je représente mes ressentis [1] de formations sonores in situ, in vivo, que j’appelle par ailleurs des «motifs d’écoute», pour signaler que je les choisis en tant qu'unités autonomes au sein d’environnements, que j’ai préalablement explorés sous forme de soundwalk, tout en y identifiant des secteurs où je me sens particulièrement à l’endroit, chez-moi. Ce sont là des qualités habitantes, qui se déclarent davantage lorsqu’il y a densification sonore momentanée et située, phénomène qui se fonde sur des corrélations locales entre les effets de la forme construite (architectures, matériaux présents, implantation) et du temps qu’il fait. Le mélange de ces effets génère une corporéité autonome, sorte de nuage sonore, dont je cherche à représenter la structure, la profondeur, le relief, la transparence et la dynamique momentanée. 

Le repérage se fait le jour entre 8h30 et 12 heures, plus rarement entre 17 h et 04 heures du matin. C’est à ces moments que la clarté sonore est la plus grande [2]. La restitution dure environ 5 minutes par dessin. 

 

Je dessine par paire de dessins (frontale [f] et de dos [d] à la source sonore in vivo et in situ) ou par multiples (frontal ou de dos à la source) tout en tournant soit à 180° et/ou 360° pour représenter le tout autour. Réalisés en A3 et au fusain, ces dessins, qui suivent la même logique d’expression graphique [3], se lisent en champ plongeant. 

La simulation (cf. en bas de page) rend la morphologie dudit nuage sonore explorable. 

[1] Je désigne ici mon émotion esthétique et ma perception phénoménologique du son. Cette dernière a fait par ailleurs le sujet d'une vérification cognitive (Dessins sonores, Rapport scientifique, Metz, Centrale Supélec, 15 mai 2012), menée avec Jean-Louis GUTZWILLER, Stéphane ROSSIGNOL et Jean-Baptiste TAVERNIER, ingénieurs spécialisés en traitement du signal, plateforme holophonique de Centrale Supélec, site de Metz (2011-2012).

[2] La démarche est tout à fait comparable à celle du photographe, qui cherche certains types de luminosités.

[3] Le fusain, qui est un médium très souple, me permet de produire une grande variété de traits et de tonalités. Je traduis à la fois des évènements très brefs que je représente par points; des variabilités au niveau de l’intensité sonore: les noirs correspondent alors à des sons forts, les différents gris aux sons moins forts, les blancs au silence — ce dernier est relatif; il correspond à ce qui échappe à ma perception. Je traduis encore le comportement des masses d'air, lui même lié aux variations climatiques. Leur retranscription se voit au niveau de l’élan et de l’orientation des points, des lignes et des surfaces. 

Dessins d'écoute

Dessin d'écoute Haut Fourneau Völklingen 7 af Eléonore Bak © 2004

Haut Fourneau de Völklingen 7af

Dessin d'écoute frontale à la source

(bruit d'eau sur cylindre central)

fusain

A3

Völklingen (D) 2004

La Lioura 2af

Dessin d'écoute frontale à la source

Série Fontaines de Clans

fusain

A3

Clans (F) 2007

La Lioura 2ad

Dessin d'écoute de dos à la même source

Fontaines de Clans

Simulation de la morphologie de plusieurs nuages sonores, Metz  (F) 2012

Vues plongeantes sur «motifs», ici six fontaines de village

Lecture par paires de gauche à droite, du haut vers le bas 

Les dessins originaux ont été réalisés à 15 minutes d'écart

Dépôt légal SACD N° 274641

Assistance vidéo Arthur DEBERT